Chaque être vivant a des caractéristiques morphologiques définies par ses gènes. L’homme a deux jambes, deux bras, un nez au milieu du visage, certains ont la peau plus foncée, des cheveux blonds, roux, frisés, raides… toutes ces caractéristiques tiennent leur origines dans nos gènes. Ceci est vrai pour l’humain mais aussi pour chaque animal, chaque être vivant. Le fait que les éléphants ont de grandes oreilles, le renard une queue en panache, la sauterelle des grandes pattes arrières… toutes ces caractéristiques viennent de leur gènes.

Lors de la reproduction, les « parents » effectuent une copie de leurs gènes pour les transmettre à leurs « enfants ». L’embryon, dans le ventre de sa mère, va recevoir une copie des gènes de son père et une copie des gènes de sa mère. Il va en faire un « mélange », exprimer certains gènes de sa mère, d’autres de son père pour avoir ses propres caractéristiques. Ce qui en fait un être unique, qui ressemble un peu à son père et un peu à sa mère, tout en gardant les caractéristiques principales de l’espèce dont il fait partie.

Lors de ces copies et de ces mélanges, il peut y avoir des petites erreurs de « transcription ». Cela s’appelle des mutations! Ces mutations peuvent conduire à des anomalies bien visibles… ou pour la plupart, à rien du tout.
L’évolution des espèces au cours des milliers d’années s’est réalisée grâce à ces mutations. Cela s’appelle l’évolution naturelle. Prenons l’exemple d’une girafe. Il y a des milliers d’années, les girafes n’avaient pas un long cou! Un jour, un bébé girafe a subi une erreur de transcription dans ses gènes, une mutation. Ceci a créé une « anomalie » chez ce bébé girafe… il est né avec un cou un peu plus long que les autres. Cette anomalie l’a avantagé par rapport aux autres girafes. Par sa plus grande taille, il pouvait attraper des feuilles plus hautes dans les arbres, mieux voir les prédateurs arriver. Ces avantages l’ont favorisé par rapport à ses congénères. Il s’est mieux développé, a eu plus de chance de trouver un partenaire pour se reproduire et donc avoir des bébés avec, eux aussi, le cou plus long que la moyenne. Après des milliers et des milliers d’années, après de nombreuses mutations génétiques, les girafes se sont transformées pour obtenir l’animal que l’on connait aujourd’hui, avec ses longues pattes et son long cou. Et cela s’est passé pour chaque espèce, pour chaque sous-espèce, pour chaque race. Ceci s’appelle l’évolution naturelle (modifications des espèces par les mutations génétiques) et la sélection naturelle (qui va favoriser certains individus plutôt que d’autres).
La sélection naturelle, est le terme utilisé pour toutes ces évolutions qui se font naturellement, dans la nature. Ces modifications prennent un temps très long.
Pour nos espèces domestiques, l’homme peut influencer leur évolution. Il peut décider de favoriser certaines particularités physiques, mentales ou fonctionnelles. Cela va s’appeler la sélection artificielle.
Prenons l’exemple du chien. Tous nos chiens ont un ancêtre commun, le loup. Vous serez d’accord que peu de chiens ressemblent encore à un loup… certains en sont même bien loin. Cela est du à la sélection artificielle réalisée par l’homme. Au fur et à mesure des générations, l’homme a favorisé certains individus plutôt que d’autres.




Par exemple, certains chiens avaient des pattes un peu plus courtes. L’homme a décidé de faire reproduire plutôt ces individus que d’autres, et surtout de les faire reproduire avec un autre individu qui avait la même particularité. Petit à petit, à force de favoriser cette différence, l’homme a pu créer une nouvelle race avec avec des toutes petites pattes… le teckel. Comme l’homme choisi quelles particularités favoriser, cette sélection artificielle est beaucoup plus rapide que la sélection naturelle. C’est de cette manière que l’homme a pu créer chaque race de chien en favorisant certains critères de beauté, de gentillesse, de gardiennage, de vitesse, de flair.
Cette sélection a été réalisée pour toutes nos espèces domestiques comme nous les connaissons aujourd’hui… le chat, le cheval, la vache…
Malheureusement, en favorisant certaines caractéristiques, on peut aussi, sans le vouloir, favoriser des dysfonctionnements. Certains sont directement liés à la caractéristique sélectionnée, d’autres pas. en voici quelque exemples.
- Le berger allemand a un bassin fortement incliné. Malheureusement, cela conduit aussi à favoriser la dysplasie des hanches.
- Le cocker a de longues oreilles pendantes, malheureusement cela conduit à une oreille qui respire moins et donc plus sensible aux otites.
- Le bouledogue français a des yeux très globuleux, ceci le rend plus sensible à la sécheresse oculaire.
D’autres pathologies plus discrètes sont favorisées sans le vouloir. Par exemple, la plupart des cavaliers king Charles auront des problème cardiaques avec une valve mitrale qui manque d’étanchéité. Cette particularité n’a bien entendu pas été voulue.